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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 14:25
Chapitre premier: province du Guizhou.

Les pieds dans la merde, la tête dans les étoiles.

( Ah oui, je préfère vous prévenir tout de suite, je vais faire plein de titres à la con comme celui-ci, histoire de donner un semblant de légitimité à ma formation littéraire)

XIJIANG

Nous sommes le 27 janvier, les exams sont passés et les vacances entamées comme le sont les bouteilles de bière et notre foie surchargé.
Nos chambres sont de véritables cocons de feignasses, tissés au fil de jours monotones et de glande à temps plein.
Il était donc temps de partir même si la grisaille menace de nous suivre.
Direction la province du Guizhou. Une des plus pauvres de Chine mais aussi l’une des plus intéressantes au vue des innombrables villages traditionnels qui la parcourent.
C’est d’ailleurs dans l’un deux qu’on fait notre première étape: Xijiang, qui est le plus grand village Miao du pays.
Petite minute National Geographic: les Miaos sont une minorité aux costumes bariolés et qui travaille l’argent pour en faire de nombreuses parures. Leurs maisons sont uniques en Chine puisqu’elles sont toutes faîtes de bois et tiennent sans un seul boulon. Architecturalement parlant, c’est épatant et visuellement, ça l’est tout autant.

On débarque donc dans ce lieux insolite après une traversée en bus pendant laquelle votre fidèle narrateur, considérant les 50 pauvres petits centimètres qui le sépare du gouffre, était loin d’être fier.
Une fois arrivé, l’un des passagers nous propose de monter chez lui pour y passer notre séjour. Moyennant une sommes qu’il serait indécent de mentionner, on y pose donc nos sacs pour 3 jours.

Premières impressions: la maison typique respire la tranquillité; le coq qui gueulent juste en bas beaucoup moins. Le cadre est vraiment agréable et nos hôtes accueillants. Faut dire qu’ils ont l’habitude: le proprio nous file d’emblée son livre d’Or dans lequel les nombreux messages de touristes nous font comprendre qu’on n’est pas les premiers. Premier échec dans notre course au trophée Lévi-Strauss (y a même une lilloise qu’est restée un mois).

Notre premier repas en compagnie de la famille arrive très vite et là c’est l’agréable surprise: une table bien remplie, des bons petits plats (quoique au bout de 3 jours, on a plus eu le même avis…à suivre plus bas), et de l’alcool maison.
Ça leur alcool, on en connaît la couleur: pendant 3 jours on va s’en enquiller et bien qu’il soit plutôt bon, on va vite comprendre pourquoi les Miao ont une réputation de gros buveurs.
Enfin, on va pas faire les mijaurées non plus! Y a une réputation à défendre et un gosier à rafraîchir. J’ai oublié le nombre de verres mais pas la patchwork organique de Ben sur les draps après une nuit des plus agitées (le larron n’en boira plus une goutte par la suite!).
Ça chante, ça rit, c’est bonne ambiance. On leur joue la marseillaise et des chansons juives (sisi, Ben nous a convaincu!). Ils nous répondent par des chœurs traditionnels.
Comme dirait Greuil par un adjectif que j’exècre au plus haut point, c’est sympatoche.

















On déchante vite au réveil matinal lorsque un villageois nous attend pour une randonnée que nous ne soupçonnions point viril la veille, entre deux verres.
Le villageois en question, c’est notre coup de cœur de la semaine: un papi de 66 ans, sur actif, jamais fatigué et qui nous met tarif pendant la marche. Je veux bien qu’il ait l’habitude mais putain que ça fait mal de voir qu’un vieux monte plus vite que nous!
           
On a les jambes qui tremblent, le souffle coupé, Bidot est rouge comme un coco, et super papi lui, s’allume une clope toutes les heures.
On est lessivé après 6 heures de marches mais merde, qu’est-ce que c’est beau!!
On est allé jusque au village voisin en passant par la montagne et les forêt. Autant vous dire que les paysages nous laissent pantois. Pas la peine de décrire d’avantage, regardez les clichés de nos deux photographes reporters Ben et Totor.
Sur 6 heures, on en passé 4 a parler de bouffe française. Le premier a lâché le mot « raclette » et il s’en est suivi des répliques interminables et insoutenables de plats du terroir. On aurait payé jusqu’à 50 euros pour une raclette, là, tout de suite.


















Le jour suivant est plus pépère: on se perd tous les trois dans les rizières du villages. Là encore, la cadre est plaisant et semblable à l’idée que nous en avions. On croise des paysans qui ne cessent d’aller et venir chargé de fagots, on montent les collines, Vic se ramasse etc.. . On atterrit ensuite au cyber café du coin, neuf et ultra moderne qui ridiculise le côté exotique et passionné de notre séjour. Deuxième échec dans le course du Lévi-Strauss.

                                                                                                                                                                         Dernier jour: Vic nous quitte et Ben et moi on s’apprête à souffrir après avoir accepté de suivre super papi dans son ascension de la montagne. 9 heures de marches à souffrir à
maudire le vieux de toutes les fibres de son corps pour finalement le remercier de nous avoir amené dans ce un endroit magnifique.































Le soir venu, je suis le seul à boire à table et ça tombe mal parce qu’ il y a du monde. Tout les saoulards veulent trinquer avec moi. Je peux pas (veux pas?) refuser et j’engloutis bien gentiment pendant que Ben passe pour une fillette en buvant du thé.
































On repart le lendemain. Chacun de notre côté pour de nouvelles aventures.
Xijiang fut donc une première étape agréable et idéale: village apaisant, gens adorables, spectacles uniques entre rizières infinies et mise à mort de cochon, temps clément et alcool fort et surtout super-papi; vieil héros d’un genre nouveau, patriarche insondable d’un peuple fier, valeureux soldat affrontant le temps, les éléments et la connerie de 3 français perdus en Chine.
Merci super-papi et bonne chance contre Goldorak!




A suivre: la suite de mon aventure dans le Guizhou, en solo et sans photo (c’est dire si ça va être chiant!)

Par Scotch - Publié dans : Lovely Planet
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Commentaires

Ahhh; ca fait plaisir d'avoir de tes nouvelles! Je suis rentré à Paris pr faire mon stage.


J ai vu ton ex coloc syrien. Il est passé à Aix qqs jours


Bref, qd tu fais ta réapparition en France, contacte moi vieux.


Amuse toi bien, je suis ton plus fidèle fan-lecteur

Commentaire n°1 posté par JM le 17/03/2007 à 16h14

laisse tomber le levi strauss, pense plutôt au trophée Marc Dorcel, au trophée Marie Brizard, à l'opération Bol de Riz, au Camel Trophy à pied dans les montagnes et ton super vieux. Par contre, laisse à JB le trophée Pue des Pieds, de tte manière, t'as aucune chance de la battre, même avec des chaussettes humides et moisies ayant trainés dans des rizières où sévissent moult pédophiles n'hésitant pas à pénétrer la Cité Interdite de jouvencelles de moins de 12 ans...


Une nouvelle fois un plaisir de lire tes aventures, avec toujours autant de style. 10 pour ton blog (à défaut de pouvoir en dire autant pour toutes tes vannes).


Phallus in Calbard in Sofa in Mexico.

Commentaire n°2 posté par phallus in Calbard in Mexico le 02/04/2007 à 20h46

China Daily

Da French Connection:


Totor, Ben & Scotch

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