Vendredi 11 mai 2007
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14:45
Voilà après Xijiang, nos routes se séparent et je m’en vais parcourir le reste du Guizhou en solo.
Destination Chong’An, un petit hameau qui borde un fleuve au reflets de jade.
Le trajet en bus est mouvementé: je me retrouve ankylosé entre les paysans du coin qui ne manquent pas de se foutre de ma « seule » gueule d’occidental.
La route est accidentée, la dentition de ma voisine aussi….je trouve quand même le moyen de m’endormir discrètement sur son épaule, faisant preuve d’un partage culturel qu’elle élude sèchement en me secouant. Par la suite, elle repeint la route de jaunâtres filets de gerbe qui rajoute du piment au parcours et sur les sièges.
J’arrive épuisé dans une petite pension tenue par un papi ma foi fort accueillant (les regards interpellés et inquisiteurs commençaient à me faire désespérer!).
J’investi ma chambre de fortune avec autant de hâte qu’un actionnaire qui revend ses actions d’Airbus (ou de l’OL). Repas en compagnie de papi, devant la star ac locale pendant laquelle on s’improvise juge des « beautés » qui concourent; je me torche avec sa liqueur maison à base de mandarine (qui n’aide pas dans la pratique du mandarin) et je m’écroule.
Je me réserve le premier jour pour la visite des gorges alentours. Magnifiques et ponctuées de quelques rencontres insolites telles que serpents, chèvres et autochtones.
Le paysages est plaisant et paisible, le lieu est désert et seul le cours de la rivière rythme mes pas.
L’aprèm je me fais un village en hauteur. Sympa mais sans plus surtout qu’un mioche me balance un choux sur la tronche….je t’enverrais un coup de karcher dans ce merdier! Enfin, qu’on vienne pas me dire qu’après ils crèvent la dalle!!
Le lendemain, je lâche pas l’affaire et je repars pour une ascension matinale des pics. Zigzags à travers les rizières et vue panoramique au sommet. C’est calme, un peu trop même; je commence à parler tout seul et à jouer les Zarathoustra sur un rocher -enfin, on est surhomme ou on l’est pas!.
D‘ailleurs je redescends éduquer les masses et constate que c’est jour de marché: toutes les minorités se sont données rdv pour écouler le fruit de leur labeur, acquis à la sueur de leurs fronts tiers-mondistes.
C’est le grand foutoir: échoppes de bouffe aux saveurs agressives et suspectes, stands de vêtements artisanaux dont les tissus raffinés font oublier un temps les effluves printanières du marché, volailles entassées dans des parcs en osier improvisés qui font rejaillir subitement dans mon esprit la psychose du poulet enrhumé et d’innombrables CD et autres DVD d’artistes locaux qui -à en juger par le son nasillard qui leur sert de vocalises- ne sont pas prêt d’envahir l’Olympia.
Enfin, c’est pittoresque et ça me promène.
Après cette petite halte à Chong An je change d’air pour repartir dans le sud du Guizhou. Direction Zhaoxing. A croire que j’attire les énergumènes les plus marginaux, deux clodos s’assoient à côté de moi dans le bus. Et quand je dis « clodos », j’exagère pas: les autres passagers ouvrant de leur plein chef et d’une mine décomposée les fenêtre pour rallonger leur espérance de vie.
Bon ben Zhaoxing, encore une fois c’est un village de minorité paumé en pleine montagne mais que voulez-vous, j’ai développé une espèce de tendance masochiste qui me pousse toujours un peu plus vers les endroits les plus isolés. Ajouté à cela, ma célèbre tendance scato et vous comprendrez aisément pourquoi je me complais dans ces « merdiers ruraux ».
Bon attention, la aussi ça manque pas de charme et d’intérêt. C’est pourquoi, il me faut modérer mes dires précédents.
Le villages compte une particularité ou plutôt cinq: des tours en bois qui s’élève à au moins……20 mètres.
A coté de ça bin, y a des petites marches agréables qui traversent d’autres hameaux de minorités.
J’y reste 3 jours, le temps de dire au revoir au Guizhou et de repartir pour la province voisine,le Guangxi.
Je remercie donc le Guizhou, ses minorités innombrables, leurs coutumes qui le sont tout autant, ses papis qui m’ont aidé et m’ont fait renoncer à mes désirs de réformer le régime des retraites, ses paysages vierges de tout regard extérieurs que je me suis perdu à explorer en solo et qui m’ont maintes fois procuré repos de l’esprit et fatigue du corps, ses trajets en bus sur des routes chaotiques qui m’ont fait regretter nos bons vieux TER que j’exécrais jadis, et tout le reste dans cette province qui -si elle reste la plus pauvre du pays- recèle pourtant mille trésors.
Fin de cette branlette romantique et de la partie sur le Guizhou. Prochaine étape: le Guangxi, ses montagnes aux formes étranges, ses repas occidentaux, ses rencontres occidentales et un maximum de connerie.
Par Scotch
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Publié dans : Lovely Planet
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