Vendredi 11 mai 2007
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Chapitre II: le Guangxi
Yangshuo, comme un air de déja vu...
Sur les conseils de Ben qui y était auparavant et après deux semaines ds un Guizhou marginal, je décide de poser mon sac à Yangshuo.
Yangshuo c?est une petite ville ds la province du Guangxi réputée pour ses paysages époustouflants et ses montagnes millénaires.
Autant dire que le coin est touristique mais je ne m?attendais pas du tout à ce à quoi j?ai été confronté dès mon arrivée ds un bourg que je croyais plus paisible.
Premier constat: y a beaucoup de blancs et il faut dire que ça surprend après quinze jours à vadrouiller chez les minorités qui m?ont presque fait oublier la couleur de ma peau (le nombre de douches n?y est pas étranger non plus) et celle des mes yeux.
Ensuite,et là aussi je reste sur le cul:le nombre de bars, de restos occidentaux et de boutiques de souvenirs véritables pièges à touristes ds lesquels les grosses ricanes dégoulinantes de graisse et de dollars s?engouffrent d?un pas nonchalant.
J?arpente la rue dite « occidentale » (véridique) et n?a aucun mal à trouver l?auberge de jeunesse, ayant résister aux sirènes des autres hôtels qui foisonnent (à raison d?un tous les 10 mètres).
Je me retrouve ds une chambre avec 2 autres français, à croire qu?y nous parquent entre nous dès fois que le chauvinisme, l?insatisfaction et l?odeur du frometon soient contagieux.
Brèves présentations et je finis par me faire à l?idée qu?on va plus ou moins passer quelques temps ensemble; vous savez comme moi comment se comporte le français à l?étranger et vous comprendrez aisément mon inquiétude.
L?un s?appelle Laurent et vient de Thaïlande (ce qui n?est pas un détail anodin, vous comprendrez pourquoi), l?autre s?appelle Jérémie, bosse à Shanghai et compte se faire le Tibet en moto.
Manque de bol pour moi, Jérém? qui est sans conteste le plus cool des deux, me laisse très vite avec Boulet 1er.
Car il faut bien le dire, Laurent est un boulet de première classe: il se définie lui-même comme un bagpacker de la première heure, un vrai un pur qui connaît la Thaïlande sur le bout des doigts. Vu qu?il va m?en parler tous les jours pendant une semaine, je pourrais presque avoir le même prétention.
Malgré son expérience incontestée de baroudeur (les plages thaïlandaises sont encore des endroits vierges de toute exploration, il faut bien le dire), il a pas l?air très motivé et je le convainc vite fait de se bouger avec moi.
Quelle erreur j?ai pas fait la!! Il va s?accrocher à moi comme une tique vorace qui vous détend l?épiderme. J?ai le droit en plus au couplet sur ses ex (et je comprend qu?elles le soient même si leur pardonnerais jamais d?avoir donné de la confiance et de l?espoir à ce mec).
Enfin, je m?y résous sous les regards amusés de Jérémie que je croise deux trois fois ds la rue. Extrait:
« tu trouves pas que c?est un tocard ce mec, sérieux?
- bin si, c?est vrai qu?il en tient une couche.
- grave! Je comprend pas ce que tu fous avec lui
- pour être honnête je me pose la question. D?habitude je donne même pas une pièce au secours catholique?
- tu métonne! L?autre soir il m?a empêché de dormir en me racontant sa vie pendant une heure. J?avais rien demandé, c?est limite de l?agression!
- je connais, je me sens moi-même violé.
- bon allez viens, on va allez se faire une bière »
Petit moment de détente après une journée en enfer. On se boit à coup avec Jérem qui m?explique son périple et sa récente intronisation par la bande des bikers du coin (des occidentaux qui parcourent la Chine à moto). Il me fait marrer en ajoutant qu?il vient d?acheter une bécane mais qu?il en n'a jamais conduit. Ça le décourage pas et dans deux jours, direction le Tibet! Au dela de son courage et de sa bonne humeur, je partage avec lui une certaine aversion pour notre camarade de chambre ce qui rend nos discussions assez plaisantes et alimente le débat en faveur de l?euthanasie. D?ailleurs, Jérém est venu nous rendre visite a Chongqing par la suite (Ben l?avait lui-même rencontré à Yangshuo!) et je rends hommage à qque un avec qui on s?est bien fendu la gueule et à qui je renouvelle l?invitation une fois en France (avec ou sans Philippines!!!)
Le deuxième jours commence mieux (hormis le réveil ds la même chambre que Boulet) avec la venue de David, un danois, ds notre dortoir. Je me sens tiré d?affaire surtout qu?il est sympa, aime jouer au billard et attend 3 suédoises qui devraient arriver sous peu.
Évidemment c?était trop beau pour durer: on nous envoie une autre compatriote ds la piaule. Boulet II vient officiellement de faire son apparition: je sais plus comment elle s?appelle mais ça on s?en fout, s?il faut retenir une chose c?est son visage gras et poisseux pour se souvenir de ne plus le recroiser, ni pendant ce séjour, ni de retour en France.
En gros, elle veut aller au Vietnam mais elle s?arrête ici avant (la frontières n?est pas loin) seulement elle aime pas la Chine ni les chinois et elle prend que le train parce que le bus est, je cite « dangereux, sale et bondé ». Je peux pas lui donner tort sur ce dernier point mais de toute façon son style de bourgeoise trentenaire, son air hautain de nonne frustrée lui valent tout mon mépris.
Heureusement qu?elle demande à changer de chambre le lendemain, sans doute gênée par le bruit et l?odeur.
Cela dit, l?aventure continue!!! Et alors que j?attendais les fameuses suédoises avec David et Boulet (qui d?ailleurs n?arriveront pas) je fais la connaissance de deux français. Bon là, je sais, ça devient Paris plage cette histoire; on est presque sûr de rencontrer autant de français que ds un amphi de médecine à Bruxelles.
Et je vais pousser l?exotisme encore plus loin car John et Manu (c?est leur noms) étudient à Aix. C?est pas possible ça me poursuit cette ville!! Je suis à 15 000 bornes et j?en reviens toujours au même point de départ!
Bon mais ils sont super cool et étudient à Taiwan, le frère ennemi sur lequel nos missile sont braqués en permanence. Du coup on transforme la bar en terrasse de café à la française au grand désespoir de David qui comprend vite qu?il va plus comprendre grand-chose.
RDV est pris pour remettre ça ce soir autour d?un bon repas et pour le reste de la semaine. Ça y est je respire, je vais pouvoir partager mon fardeau et refiler une partie du poids de sa connerie à mes nouveaux comparses. Ils le comprennent vite dès le premier soir et les vannes commencent à fuser. C?est parti, Boulet va prendre tarif pendant 5 jours. J?ai réussi a surmonter à la fois l?angoisse du comique qui a besoin d?un public et d?un imam qui a besoin de quelque un à lapider. J?avoue, c?est pas trop propre mais ce type a failli me convaincre en deux jours de la sagesse des ermites et de l?absurdité du système carcérale ds lequel vous êtes obligés de partager votre chambre (et souvent plus si affinités).
Bon j?avoue qu?on a quand même une belle équipe à part boulet avec ces deux français salvateurs et le danois.
Et la voyage ds tout ça? Il commence le lendemain en compagnie de mes nouveaux amis et du « bagpacker » qui au passage, a quand même hésiter entre une balade à vélo ds les rizières et une journée DVD à l?hôtel?un peu comme si Levi Strauss aurait eu une envie soudaine de mousseux en pleine jungle amazonienne.
Après avoir fait de chaleureux adieux à Jérém qui démarre sa moto avec la béquille ouvert, on part donc se perdre sur les petits sentiers bordé par les rizières et des villages traditionnelle.
Les paysages sont tout simplement magnifiques: des cultures géométriques aux reflets éblouissants, des forêts d?un vert rafraîchissant et surtout des montagnes exceptionnelles et aux formes étonnamment sinusoïdales; les même que Dragon Ball dixit Manu (big up, baronne!).
Bref, c?est sympa si ce n?est que le temps commence à se gâter. Et avec lui l?atmosphère devient tendue: on arrive au dernier village d?où on est censé prendre des barques en bambous pour revenir en ville.
Les rues sont pourries, il est tard, on est seul et les autochtones font franchement une drôle de gueule. Et on se rappelle en plus qu?un touriste s?est fait poignardé ici y a deux ans.
Dans une psychose croissante, un abruti ne trouve rien de mieux à faire que ds nous sortir son énorme couteau et son sourire le plus suspect. Heu? là, on commence un peu a flipper et Manu a beau être un rugbyman bien en chair, la facilité avec laquelle ils découpent le cochon met à mal cet argument.
Au moment de prendre leurs bambous une foule nous entoure et commence à péter un scandale parce que Manu et John n?ont pas les bon billets. Putain ça gueule, j?essaie de calmer les esprit mais ils veulent rien savoir et on se demande même s?ils sont pas en train de se partager les fringues qui resteront après le massacre.
Bon on monte finalement sur leur barque d?arnaqueurs et on se casse fissa de ce trou à rats. Loin de dire qu?on a vécu un angoisse aussi forte que celle de mon ami Groger en terre d?islam, ce petit épisode a quand même salement terni le côté « paisible » de cette journée.
Et en plus elle est pas fini, après deux heures sur la barque, il se met a flotter. Nos charmants villageois nous disent qu?il ne peuvent pas continuer et qu?il vont nous laisser au bord de la route, on finira à vélo et sous la vase. Tout ce que tu veux Marcel, je te demanderais simplement de pas acheter un autre couteau avec les thunes qu?on t?a filé connard!
La fin est chaotique, mouillés jusqu?aux os on arrive en ville épuisés, les sphincters relâchés. On oublie tout autour d?une bonne bière et d?un bon billard, mis à part les paysages toutefois. On en profite pour se faire le programme de la journée, la montagne de la colline où, on l?espère on retrouvera pas les acteurs de Délivrance.
Et effectivement cette fameuse montagne vaut le détour (et les milles marches qu?ils faut monter!) car à son sommet s?offre une vue incroyable des massifs environnants.
C?est encore mieux sans Boulet qui finalement a préféré la journée sur Internet ( pour rencontrer des homologues voyageurs, dès fois qu?il y en ai pas assez dehors).
On reprend les vélos pour aller faire les cons ds la grotte du coin. Rien d?exceptionnel si ce n?est le bain de boue glacial qu?on s?est offert. Ça fait du bien, surtout après l?ambiance Madmax de la veille.
Et surtout, c?est le jour du nouvel an chinois!! On s?en va le passer ds un resto dont les patronnes,la veille, nous avez proposé de fêter l?événement en leur compagnie et en toute gratuité.
C?est l?année du porc et c?est donc comme des gorets qu?on se gave de bouffe et de bières. Un régal surtout quand il est offert!! David nous a rejoint avec ses 3 suédoises qui ressemblent plus aux meubles Ikéas qu?à des belles blondes platines? .
On est chargé grave surtout Boulet qu?est à deux doigts de s?en prendre cinq en plein gueule après avoir défié Manu (qu?est le plus balèze de la bande faut-t-il le rappeler); ça doit être un truc de « bagpacker » à coup sûr.
Le lendemain: néant. La tête en vrac et le foie retourné on passe la journée au bar et au billard. On est loin de refaire le monde mais on s?en fout, on prend notre temps et des bières en plus avant de retourner au resto.
Ensuite y a juste une petite traversée en bateau avant de se dire au revoir et de se promettre de remettre ça en France.
Je me suis donc bien éclaté à Yangshuo: une fine équipe malgré la présence de Boulet qui, malgré tout, nous aura diverti; du billard et des litres de binouse; des escapades mémorables et des consanguins qui le sont tout autant; une bonne ambiance globale qui diffère de mes quinze jours ds le Guizhou pendant lesquels j?étais pas sur de bouffer tous les jours.
Voilà il me reste plus qu?à remercier tous les gens que j?ai rencontré là bas: Manu (ho baronne, on se retrouve sur Toulouse et on remet ça à St Pierre), John (invite moi pour l?ouverture de ta boîte à Aix, le Scrotum et à défaut on se paie une bière sur le Cours!), Jérémie (passage de ouf à Chongqing malgré l?odeur toxique de tes pompes, t?agrandis l?impossible liste des gens qu?il faut que j?aille voir à Paname!), David (Copenhague ça fait loin quand même), Zoé (t?iras jamais à Lyon Manu, laisse tomber!)le Yak café et même Boulet pour son rôle tragi-comique ds cette aventure.
Prochaine article, la dernière partie de Lovely Planet ds le Guangdong: Canton, Macao & Hong kong (attention les yeux!!!)
Par Scotch
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Publié dans : Lovely Planet
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