La Fine Equipe

Programme des réjouissance à venir sur le blog:

la suite du voyage  de février et les photos qui vont avec
les photos de Hainan (annoncées depuis janvier...)
Ben prend la plume et nous parle du Tibet
+ de conneries, + d'articles mais aussi....+ de délais!

Lovely Planet

Mercredi 14 mars 2007
Montaigne ne pouvait voir plus juste lorsqu’il écrivait que les voyages forment la jeunesse.
Même si ce dernier l’entendait dans un sens bien précis (que ma mémoire scolaire défaillante a bien vite occulté), il n’en reste pas moins que nous avons pu en faire l’expérience pendant plus d’un mois.
Des vacances prolongées, une soif de découverte que les murs étroits de nos chambres ont attisé, un pays infini qui constitue un terrain de jeu idéal pour les vadrouilleurs que nous nous sommes improvisés et nous voilà parti pour un séjour d’exception.

Évidemment, retranscrire ce voyage de la plus fidèle des plumes relève d’un travail herculéen; d’abord parce qu’il fut long et lointain et ensuite parce que nos chemins se sont bien vite séparés.
Mais bon, après tout je peux pas garder ça pour moi et simplement m’arrêter à une  autosatisfaction dissimulée dans les méandres de mes souvenirs . Et puis, à l’image du retraité sur la côte d‘Azur, du beauf au camping des flots bleus et du cureton au Mont St Michel, j’ai envie de vous casser les couilles avec mes vacances!

Pour ceux qui ont déjà lâché la trame de l’histoire, tant pis: c’est un récit qui, par bien des aspects, rivalise avec les épopées grecques les plus captivantes. Et puis de toute façon; vous y couperez pas dans quelques mois où je vous ferais la même version vocale (un peu à la manière d’un Groger qui nous prend individuellement dans sa chambre pour nous montrer son trajet africain avec carte à l’appui….il est con ce rural quand même!).
Pour les autres, que la Chine et notre modeste existence intéresse un tant soit peu, vous entamez la lecture de notre nouvelle catégorie:

LOVELY PLANET
(ho qu'il est merdique ce jeux de mots faussement poétique!)


Voilà en rouge sur la carte nos haltes en Chine du Sud-Ouest. Trois provinces différentes, des zones économiques spéciales, et des campagnes à n’en plus finir. Des chemins qui se séparent et se recroisent, des délires en pleine rizières et sur le trottoirs dorés de Hong Kong, des villages de minorités et des restos français et j’en passe.
Bref, un fourre-tout bordelique qu’il me sera agréable à vous conter.




Voilà, en espérant que vous apprécierez ces pages autant que nous en avons apprécié les lieux qui nous m’ont donné l’inspiration de les écrire, bonne lecture!
Par Scotch
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Mercredi 14 mars 2007
Chapitre premier: province du Guizhou.

Les pieds dans la merde, la tête dans les étoiles.

( Ah oui, je préfère vous prévenir tout de suite, je vais faire plein de titres à la con comme celui-ci, histoire de donner un semblant de légitimité à ma formation littéraire)

XIJIANG

Nous sommes le 27 janvier, les exams sont passés et les vacances entamées comme le sont les bouteilles de bière et notre foie surchargé.
Nos chambres sont de véritables cocons de feignasses, tissés au fil de jours monotones et de glande à temps plein.
Il était donc temps de partir même si la grisaille menace de nous suivre.
Direction la province du Guizhou. Une des plus pauvres de Chine mais aussi l’une des plus intéressantes au vue des innombrables villages traditionnels qui la parcourent.
C’est d’ailleurs dans l’un deux qu’on fait notre première étape: Xijiang, qui est le plus grand village Miao du pays.
Petite minute National Geographic: les Miaos sont une minorité aux costumes bariolés et qui travaille l’argent pour en faire de nombreuses parures. Leurs maisons sont uniques en Chine puisqu’elles sont toutes faîtes de bois et tiennent sans un seul boulon. Architecturalement parlant, c’est épatant et visuellement, ça l’est tout autant.

On débarque donc dans ce lieux insolite après une traversée en bus pendant laquelle votre fidèle narrateur, considérant les 50 pauvres petits centimètres qui le sépare du gouffre, était loin d’être fier.
Une fois arrivé, l’un des passagers nous propose de monter chez lui pour y passer notre séjour. Moyennant une sommes qu’il serait indécent de mentionner, on y pose donc nos sacs pour 3 jours.

Premières impressions: la maison typique respire la tranquillité; le coq qui gueulent juste en bas beaucoup moins. Le cadre est vraiment agréable et nos hôtes accueillants. Faut dire qu’ils ont l’habitude: le proprio nous file d’emblée son livre d’Or dans lequel les nombreux messages de touristes nous font comprendre qu’on n’est pas les premiers. Premier échec dans notre course au trophée Lévi-Strauss (y a même une lilloise qu’est restée un mois).

Notre premier repas en compagnie de la famille arrive très vite et là c’est l’agréable surprise: une table bien remplie, des bons petits plats (quoique au bout de 3 jours, on a plus eu le même avis…à suivre plus bas), et de l’alcool maison.
Ça leur alcool, on en connaît la couleur: pendant 3 jours on va s’en enquiller et bien qu’il soit plutôt bon, on va vite comprendre pourquoi les Miao ont une réputation de gros buveurs.
Enfin, on va pas faire les mijaurées non plus! Y a une réputation à défendre et un gosier à rafraîchir. J’ai oublié le nombre de verres mais pas la patchwork organique de Ben sur les draps après une nuit des plus agitées (le larron n’en boira plus une goutte par la suite!).
Ça chante, ça rit, c’est bonne ambiance. On leur joue la marseillaise et des chansons juives (sisi, Ben nous a convaincu!). Ils nous répondent par des chœurs traditionnels.
Comme dirait Greuil par un adjectif que j’exècre au plus haut point, c’est sympatoche.

















On déchante vite au réveil matinal lorsque un villageois nous attend pour une randonnée que nous ne soupçonnions point viril la veille, entre deux verres.
Le villageois en question, c’est notre coup de cœur de la semaine: un papi de 66 ans, sur actif, jamais fatigué et qui nous met tarif pendant la marche. Je veux bien qu’il ait l’habitude mais putain que ça fait mal de voir qu’un vieux monte plus vite que nous!
           
On a les jambes qui tremblent, le souffle coupé, Bidot est rouge comme un coco, et super papi lui, s’allume une clope toutes les heures.
On est lessivé après 6 heures de marches mais merde, qu’est-ce que c’est beau!!
On est allé jusque au village voisin en passant par la montagne et les forêt. Autant vous dire que les paysages nous laissent pantois. Pas la peine de décrire d’avantage, regardez les clichés de nos deux photographes reporters Ben et Totor.
Sur 6 heures, on en passé 4 a parler de bouffe française. Le premier a lâché le mot « raclette » et il s’en est suivi des répliques interminables et insoutenables de plats du terroir. On aurait payé jusqu’à 50 euros pour une raclette, là, tout de suite.


















Le jour suivant est plus pépère: on se perd tous les trois dans les rizières du villages. Là encore, la cadre est plaisant et semblable à l’idée que nous en avions. On croise des paysans qui ne cessent d’aller et venir chargé de fagots, on montent les collines, Vic se ramasse etc.. . On atterrit ensuite au cyber café du coin, neuf et ultra moderne qui ridiculise le côté exotique et passionné de notre séjour. Deuxième échec dans le course du Lévi-Strauss.

                                                                                                                                                                         Dernier jour: Vic nous quitte et Ben et moi on s’apprête à souffrir après avoir accepté de suivre super papi dans son ascension de la montagne. 9 heures de marches à souffrir à
maudire le vieux de toutes les fibres de son corps pour finalement le remercier de nous avoir amené dans ce un endroit magnifique.































Le soir venu, je suis le seul à boire à table et ça tombe mal parce qu’ il y a du monde. Tout les saoulards veulent trinquer avec moi. Je peux pas (veux pas?) refuser et j’engloutis bien gentiment pendant que Ben passe pour une fillette en buvant du thé.
































On repart le lendemain. Chacun de notre côté pour de nouvelles aventures.
Xijiang fut donc une première étape agréable et idéale: village apaisant, gens adorables, spectacles uniques entre rizières infinies et mise à mort de cochon, temps clément et alcool fort et surtout super-papi; vieil héros d’un genre nouveau, patriarche insondable d’un peuple fier, valeureux soldat affrontant le temps, les éléments et la connerie de 3 français perdus en Chine.
Merci super-papi et bonne chance contre Goldorak!




A suivre: la suite de mon aventure dans le Guizhou, en solo et sans photo (c’est dire si ça va être chiant!)

Par Scotch
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Vendredi 11 mai 2007
Voilà après Xijiang, nos routes se séparent et je m’en vais parcourir le reste du Guizhou en solo.
Destination Chong’An, un petit hameau qui borde un fleuve au reflets de jade.


Le trajet en bus est mouvementé: je me retrouve ankylosé entre les paysans du coin qui ne manquent pas de se foutre de ma « seule » gueule d’occidental.
La route est accidentée, la dentition de ma voisine aussi….je trouve quand même le moyen de m’endormir discrètement sur son épaule, faisant preuve d’un partage culturel qu’elle élude sèchement en me secouant. Par la suite, elle repeint la route de jaunâtres filets de gerbe qui rajoute du piment au parcours et sur les sièges.

J’arrive épuisé dans une petite pension tenue par un papi ma foi fort accueillant (les regards interpellés et inquisiteurs commençaient à me faire désespérer!).
J’investi ma chambre de fortune avec autant de hâte qu’un actionnaire qui revend ses actions d’Airbus (ou de l’OL). Repas en compagnie de papi, devant la star ac locale pendant laquelle on s’improvise juge des « beautés » qui concourent; je me torche avec sa liqueur maison à base de mandarine (qui n’aide pas dans la pratique du mandarin) et je m’écroule.

Je me réserve le premier jour pour la visite des gorges alentours. Magnifiques et ponctuées de quelques rencontres insolites telles que serpents, chèvres et autochtones.
Le paysages est plaisant et paisible, le lieu est désert et seul le cours de la rivière rythme mes pas.
L’aprèm je me fais un village en hauteur. Sympa mais sans plus surtout qu’un mioche me balance un choux sur la tronche….je t’enverrais un coup de karcher dans ce merdier! Enfin, qu’on vienne pas me dire qu’après ils crèvent la dalle!!

               


Le lendemain, je lâche pas l’affaire et je repars pour une ascension matinale des pics. Zigzags à travers les rizières et vue panoramique au sommet. C’est calme, un peu trop même; je commence à parler tout seul et à jouer les Zarathoustra sur un rocher -enfin, on est surhomme ou on l’est pas!.
D‘ailleurs je redescends éduquer les masses et constate que c’est jour de marché: toutes les minorités se sont données rdv pour écouler le fruit de leur labeur, acquis à la sueur de leurs fronts tiers-mondistes.
C’est le grand foutoir: échoppes de bouffe aux saveurs agressives et suspectes, stands de vêtements artisanaux dont les tissus raffinés font oublier un temps les effluves printanières du marché, volailles entassées dans des parcs en osier improvisés qui font rejaillir subitement dans mon esprit la psychose du poulet enrhumé et d’innombrables CD et autres DVD d’artistes locaux qui -à en juger par le son nasillard qui leur sert de vocalises- ne sont pas prêt d’envahir l’Olympia.
Enfin, c’est pittoresque et ça me promène.

         

                       


Après cette petite halte à Chong An je change d’air pour repartir dans le sud du Guizhou. Direction Zhaoxing. A croire que j’attire les énergumènes les plus marginaux, deux clodos s’assoient à côté de moi dans le bus. Et quand je dis « clodos », j’exagère pas: les autres passagers ouvrant de leur plein chef et d’une mine décomposée les fenêtre pour rallonger leur espérance de vie.

Bon ben Zhaoxing, encore une fois c’est un village de minorité paumé en pleine montagne mais que voulez-vous, j’ai développé une espèce de tendance masochiste qui me pousse toujours un peu plus vers les endroits les plus isolés. Ajouté à cela, ma célèbre tendance scato et vous comprendrez aisément pourquoi je me complais dans ces « merdiers ruraux ».

Bon attention, la aussi ça manque pas de charme et d’intérêt. C’est pourquoi, il me faut modérer mes dires précédents.
Le villages compte une particularité ou plutôt cinq: des tours en bois qui s’élève à au moins……20 mètres.
A coté de ça bin, y a des petites marches agréables qui traversent d’autres hameaux de minorités.
J’y reste 3 jours, le temps de dire au revoir au Guizhou et de repartir pour la province voisine,le Guangxi.

Je remercie donc le Guizhou, ses minorités innombrables, leurs coutumes qui le sont tout autant, ses papis qui m’ont aidé et m’ont fait renoncer à mes désirs de réformer le régime des retraites, ses paysages vierges de tout regard extérieurs que je me suis perdu à explorer en solo et qui m’ont maintes fois procuré repos de l’esprit et fatigue du corps, ses trajets en bus sur des routes chaotiques qui m’ont fait regretter nos bons vieux TER que j’exécrais jadis, et tout le reste dans cette province qui -si elle reste la plus pauvre du pays- recèle pourtant mille trésors.

Fin de cette branlette romantique et de la partie sur le Guizhou. Prochaine étape: le Guangxi, ses montagnes aux formes étranges, ses repas occidentaux, ses rencontres occidentales et un maximum de connerie.
Par Scotch
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Vendredi 11 mai 2007
Chapitre II: le Guangxi

Yangshuo, comme un air de déja vu...

Sur les conseils de Ben qui y était auparavant et après deux semaines ds un Guizhou marginal, je décide de poser mon sac à Yangshuo.

Yangshuo c?est une petite ville ds la province du Guangxi réputée pour ses paysages époustouflants et ses montagnes millénaires.
Autant dire que le coin est touristique mais je ne m?attendais pas du tout à ce à quoi j?ai été confronté dès mon arrivée ds un bourg que je croyais plus paisible.

Premier constat: y a beaucoup de blancs et il faut dire que ça surprend après quinze jours à vadrouiller chez les minorités qui m?ont presque fait oublier la couleur de ma peau (le nombre de douches n?y est pas étranger non plus) et celle des mes yeux.
Ensuite,et là aussi je reste sur le cul:le nombre de bars, de restos occidentaux et de boutiques de souvenirs véritables pièges à touristes ds lesquels les grosses ricanes dégoulinantes de graisse et de dollars s?engouffrent d?un pas nonchalant.

J?arpente la rue dite « occidentale » (véridique) et n?a aucun mal à trouver l?auberge de jeunesse, ayant résister aux sirènes des autres hôtels qui foisonnent (à raison d?un tous les 10 mètres).
Je me retrouve ds une chambre avec 2 autres français, à croire qu?y nous parquent entre nous dès fois que le chauvinisme, l?insatisfaction et l?odeur du frometon soient contagieux.

Brèves présentations et je finis par me faire à l?idée qu?on va plus ou moins passer quelques temps ensemble; vous savez comme moi comment se comporte le français à l?étranger et vous comprendrez aisément mon inquiétude.
L?un s?appelle Laurent et vient de Thaïlande (ce qui n?est pas un détail anodin, vous comprendrez pourquoi), l?autre s?appelle Jérémie, bosse à Shanghai et compte se faire le Tibet en moto.
Manque de bol pour moi, Jérém? qui est sans conteste le plus cool des deux, me laisse très vite avec Boulet 1er.

Car il faut bien le dire, Laurent est un boulet de première classe: il se définie lui-même comme un bagpacker de la première heure, un vrai un pur qui connaît la Thaïlande sur le bout des doigts. Vu qu?il va m?en parler tous les jours pendant une semaine, je pourrais presque avoir le même prétention.
Malgré son expérience incontestée de baroudeur (les plages thaïlandaises sont encore des endroits vierges de toute exploration, il faut bien le dire), il a pas l?air très motivé et je le convainc vite fait de se bouger avec moi.
Quelle erreur j?ai pas fait la!! Il va s?accrocher à moi comme une tique vorace qui vous détend l?épiderme. J?ai le droit en plus au couplet sur ses ex (et je comprend qu?elles le soient même si leur pardonnerais jamais d?avoir donné de la confiance et de l?espoir à ce mec).
Enfin, je m?y résous sous les  regards amusés de Jérémie que je croise deux trois fois ds la rue. Extrait:

« tu trouves pas que c?est un tocard ce mec, sérieux?
- bin si, c?est vrai qu?il en tient une couche.
- grave! Je comprend pas ce que tu fous avec lui
- pour être honnête je me pose la question. D?habitude je donne même pas une pièce au secours catholique?
- tu métonne! L?autre soir il m?a empêché de dormir en me racontant sa vie pendant une heure. J?avais rien demandé, c?est limite de l?agression!
- je connais, je me sens moi-même violé.
- bon allez viens, on va allez se faire une bière »

Petit moment de détente après une journée en enfer. On se boit à coup avec Jérem qui m?explique son périple et sa récente intronisation par la bande des bikers du coin (des occidentaux qui parcourent la Chine à moto). Il me fait marrer en ajoutant qu?il vient d?acheter une bécane mais qu?il en n'a jamais conduit. Ça le décourage pas et dans deux jours, direction le Tibet! Au dela de son courage et de sa bonne humeur, je partage avec lui une certaine aversion pour notre camarade de chambre ce qui rend nos discussions assez plaisantes et alimente le débat en faveur de l?euthanasie. D?ailleurs, Jérém est venu nous rendre visite a Chongqing par la suite (Ben l?avait lui-même rencontré à Yangshuo!) et je rends hommage à qque un avec qui on s?est bien fendu la gueule et à qui je renouvelle l?invitation une fois en France (avec ou sans Philippines!!!)

Le deuxième jours commence mieux (hormis le réveil ds la même chambre que Boulet) avec la venue de David, un danois, ds notre dortoir. Je me sens tiré d?affaire surtout qu?il est sympa, aime jouer au billard et attend 3 suédoises qui devraient arriver sous peu.
Évidemment c?était trop beau pour durer: on nous envoie une autre compatriote ds la piaule. Boulet II vient officiellement de faire son apparition: je sais plus comment elle s?appelle mais ça on s?en fout, s?il faut retenir une chose c?est son visage gras et poisseux pour se souvenir de ne plus le recroiser, ni pendant ce séjour, ni de retour en France.
En gros, elle veut aller au Vietnam mais elle s?arrête ici avant (la frontières n?est pas loin) seulement elle aime pas la Chine ni les chinois et elle prend que le train parce que le bus est, je cite « dangereux, sale et bondé ». Je peux pas lui donner tort sur ce  dernier point mais de toute façon son style de bourgeoise trentenaire, son air hautain de nonne frustrée lui valent tout mon mépris.
Heureusement qu?elle demande à changer de chambre le lendemain, sans doute gênée par le bruit et l?odeur.

Cela dit, l?aventure continue!!! Et alors que j?attendais les fameuses suédoises avec David et Boulet (qui d?ailleurs n?arriveront pas) je fais la connaissance de deux français. Bon là, je sais, ça devient Paris plage cette histoire; on est presque sûr de rencontrer autant de français que ds un amphi de médecine à Bruxelles.
Et je vais pousser l?exotisme encore plus loin car John et Manu (c?est leur noms) étudient à Aix. C?est pas possible ça me poursuit cette ville!! Je suis à 15 000 bornes et j?en reviens toujours au même point de départ!
Bon mais ils sont super cool et étudient à Taiwan, le frère ennemi sur lequel nos missile sont braqués en permanence. Du coup on transforme la bar en terrasse de café à la française au grand désespoir de David qui comprend vite qu?il va plus comprendre grand-chose.

RDV est pris pour remettre ça ce soir autour d?un bon repas et pour le reste de la semaine. Ça y est je respire, je vais pouvoir partager mon fardeau et refiler une partie du poids de sa connerie à mes nouveaux comparses. Ils le comprennent vite dès le premier soir et les vannes commencent à fuser. C?est parti, Boulet va prendre tarif pendant 5 jours. J?ai réussi a surmonter à la fois l?angoisse du comique qui a besoin d?un public et d?un imam qui a besoin de quelque un à lapider. J?avoue, c?est pas trop propre mais ce type a failli me convaincre en deux jours de la sagesse des ermites et de l?absurdité du système carcérale ds lequel vous êtes obligés de partager votre chambre (et souvent plus si affinités).

Bon j?avoue qu?on a quand même une belle équipe à part boulet avec ces deux français salvateurs et le danois.

Et la voyage ds tout ça? Il commence le lendemain en compagnie de mes nouveaux amis et du « bagpacker » qui au passage, a quand même hésiter entre une balade à vélo ds les rizières et une journée DVD à l?hôtel?un peu comme si Levi Strauss aurait eu une envie soudaine de mousseux en pleine jungle amazonienne.
Après avoir fait de chaleureux adieux à Jérém qui démarre sa moto avec la béquille ouvert, on part donc se perdre sur les petits sentiers bordé par les rizières et des villages traditionnelle.
Les paysages sont tout simplement magnifiques: des cultures géométriques aux reflets éblouissants, des forêts d?un vert rafraîchissant et surtout des montagnes exceptionnelles et aux formes étonnamment sinusoïdales; les même que Dragon Ball dixit Manu (big up, baronne!).

                            

                            

Bref, c?est sympa si ce n?est que le temps commence à se gâter. Et avec lui l?atmosphère devient tendue: on arrive au dernier village d?où on est censé prendre des barques en bambous pour revenir en ville.
Les rues sont pourries, il est tard, on est seul et les autochtones font  franchement une drôle de gueule. Et on se rappelle en plus qu?un touriste s?est fait poignardé ici y a deux ans.
Dans une psychose croissante, un abruti ne trouve rien de mieux à faire que ds nous sortir son énorme couteau et son sourire le plus suspect. Heu? là, on commence un peu a flipper et Manu a beau être un rugbyman bien en chair, la facilité avec laquelle ils découpent le cochon met à mal cet argument.
Au moment de prendre leurs bambous une foule nous entoure et commence à péter un scandale parce que Manu et John n?ont pas les bon billets. Putain ça gueule, j?essaie de calmer les esprit mais ils veulent rien savoir et on se demande même s?ils sont pas en train de se partager les fringues qui resteront après le massacre.
Bon on monte finalement sur leur barque d?arnaqueurs et on se casse fissa de ce trou à rats. Loin de dire qu?on a vécu un angoisse aussi forte que celle de mon ami Groger en terre d?islam, ce petit épisode a quand même salement terni le côté « paisible » de cette journée.
Et en plus elle est pas fini, après deux heures sur la barque, il se met a flotter. Nos charmants villageois nous disent qu?il ne peuvent pas continuer et qu?il vont nous laisser au bord de la route, on finira à vélo et sous la vase. Tout ce que tu veux Marcel, je te demanderais simplement de pas acheter un autre couteau avec les thunes qu?on t?a filé connard!

La fin est chaotique, mouillés jusqu?aux os on arrive en ville épuisés, les sphincters relâchés. On oublie tout autour d?une bonne bière et d?un bon billard, mis à part les paysages toutefois. On en profite pour se faire le programme de la journée, la montagne de la colline où, on l?espère on retrouvera pas les acteurs de Délivrance.

Et effectivement cette fameuse montagne vaut le détour (et les milles marches qu?ils faut monter!) car à son sommet s?offre une vue incroyable des massifs environnants.
C?est encore mieux sans Boulet qui finalement a préféré la journée sur Internet ( pour rencontrer des homologues voyageurs, dès fois qu?il y en ai pas assez dehors).
On reprend les vélos pour aller faire les cons ds la grotte du coin. Rien d?exceptionnel si ce n?est le bain de boue glacial qu?on s?est offert. Ça fait du bien, surtout après l?ambiance Madmax de la veille.

                            

Et surtout, c?est le jour du nouvel an chinois!! On s?en va le passer ds un resto dont les patronnes,la veille, nous avez proposé de fêter l?événement en leur compagnie et en toute gratuité.
C?est l?année du porc et c?est donc comme des gorets qu?on se gave de bouffe et de bières. Un régal surtout quand il est offert!! David nous a rejoint avec ses 3 suédoises qui ressemblent plus aux meubles Ikéas qu?à des belles blondes platines? .
On est chargé grave surtout Boulet qu?est à deux doigts de s?en prendre cinq en plein gueule après avoir défié Manu (qu?est le plus balèze de la bande faut-t-il le rappeler); ça doit être un truc de « bagpacker » à coup sûr.

Le lendemain: néant. La tête en vrac et le foie retourné on passe la journée au bar et au billard. On est loin de refaire le monde mais on s?en fout, on prend notre temps et des bières en plus avant de retourner au resto.

Ensuite y a juste une petite traversée en bateau avant de se dire au revoir et de se promettre de remettre ça en France.
Je me suis donc bien éclaté à Yangshuo: une fine équipe malgré la présence de Boulet qui, malgré tout, nous aura diverti; du billard et des litres de binouse; des escapades mémorables et des consanguins qui le sont tout autant; une bonne ambiance globale qui diffère de mes quinze jours ds le Guizhou pendant lesquels j?étais pas sur de bouffer tous les jours.

Voilà il me reste plus qu?à remercier tous les gens que j?ai rencontré là bas: Manu (ho baronne, on se retrouve sur Toulouse et on remet ça à St Pierre), John (invite moi pour l?ouverture de ta boîte à Aix, le Scrotum et à défaut on se paie une bière sur le Cours!), Jérémie (passage de ouf à Chongqing malgré l?odeur  toxique de tes pompes, t?agrandis l?impossible liste des gens qu?il faut que j?aille voir à Paname!), David (Copenhague ça fait loin quand même), Zoé (t?iras jamais à Lyon Manu, laisse tomber!)le Yak café et même Boulet pour son rôle tragi-comique ds cette aventure.

                                        


Prochaine article, la dernière partie de Lovely Planet ds le Guangdong: Canton, Macao & Hong kong (attention les yeux!!!)
Par Scotch
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