Jeudi 30 novembre 2006
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Voilà, après une bonne après-midi de taf’ intensif à se bouffer du caractère chinois, après 3 mois passés loin de mes compagnons d’infortune francophones, après bon nombres de discussions sur la toile avec certains d’entre eux à se remémorer nos instants les plus infantiles (pour ne pas dire l’intégralité de nos relations…), après de fréquentes réminiscences de nos exploits les plus retentissants en terre provençale qui m’ont plongé ds les méandres de la mélancolie fraternelle, j’ai décidé d’inaugurer une nouvelle catégorie sur ce blog à la mémoire de ts ces cons qui partageaient il n’y a pas si longtemps mon quotidien et qui continuent de partager mon immaturité inépuisable.
L’exercice consiste ici à dresser un portrait (très personnel vous en conviendrez) de chacun d’entre eux, de faire l’ébauche -en quelques lignes- de leur caractère, de leurs qualités et défauts, et d’explorer succinctement les liens qui nous unissaient.
Voilà, vous entamez donc la lecture du premier portrait de:
« Ces hommes illustres qui n’ont pas marqué leur siècle ».
Aujourd’hui, le sujet d’étude sera :Roland Tual.
Breton d’origine, stupide d’adoption, Roland Tual est plus connu sous les pseudos que ses maîtres, heu pardon, ses amis lui ont donné: Grogland, Grogly, Greuil, Enculgreuil, Groglou, et j’en passe.
Sa richesse patronymique ne reflète malheureusement pas sa richesse cérébrale mais en revanche, elle rend compte de l’affection que lui porte ses amis.
Greuil est un style de Lassie chien fidèle couplé d’un Droopy lymphatique qui ne se laisse jamais (dé)monter.
Reconnaissable à son museau allongé et sa fourrure foisonnante, le Greuil a, en outre, la particularité d’être atteint d’une forte myopie qui handicape grandement sa vision des choses et de fait, sa lucidité. De plus, le Greuil est souvent accoutré de la plus surprenante des manière: veste chouravée aux marché de Belsunze, pompes ultra compensées empruntées aux montagnards Belges, futals piqués aux 19ème siècles et tee shirt volés aux friperies en dépôt de bilan. Le tt agrémenté de couleurs terre qui renvoie à son caractère ombrageux et le milieu campagnard dont il est issu.
Malgré ces particularités étonnantes, le Greuil reste un ami fidèle, toujours aux aboies (sauf pour les deux dernières pages du cours de Science Po), et toujours prêt à vous donner la patte, heu pardon, un coup de main. Il est pourtant difficile d’approcher la bête que des années d’humiliation ont rendu farouche: le Greuil vit en effet replié sur soi, comme pour mieux dissimuler ses faiblesses, et se terre ds un chenil dont il est le seul occupant. Pour ceux, comme moi, qui ont eu l’occasion de le voir évoluer ds son habitat de prédilection, la chance est inestimable. Après avoir flairé votre odeur, le Greuil s’offre à vous (souvent ds le plus simple appareil) et n’a de cesse de battre de la queue pour vous signifier sa gaieté…. . Gambadant tel un agneaux facétieux se jouant de sa condition de bétail, le Greuil, animé par une joie des plus candides, dévoile sans peine sa légèreté d’esprit et sa béatitude infantile (caractérisée par un discret filet de bave dévalant une gueule qui n’a jamais sut rester fermée).
C’est là que vous découvrez l’âme du Greuil: un être doux, compatissant et plein de ressources (sauf les deux dernières pages de Science Po).
Affalé sur son canapé-niche, le Greuil vous ouvre son cœur et touche les âmes les plus réticentes: sincérité, humour, intelligence, il est prêt à ts partager (sauf les deux dernières pages de Science Po). A commencer par sa gamelle et j’en sais quelque chose (le Scotch étant un parasite de la race des suceur de sang), même si les céleris en boîte sont ses seuls référence culinaire; son inoubliable caleçon Sloggy ensuite même si vous vous seriez bien passé des traces de pneu faisant concurrence à Michelin; de son ordi vérolé, même si vous vous seriez bien passé des films aux pellicules poussiéreuses et des « musiques d‘immonde » (le dimanche à Bamako ou la ginguette des lépreux de Calcutta pr ne citer qu’eux) et j’en passe. Il n’est qu’une seule chose qu’il ne pourrait partager: les souvenirs d’une 3ème année à l’étranger (encore que selon des sources bien placées - cad derrière le postérieur de Greuil- l’animal serait actuellement en train de traquer la poule hermaphrodite de Rio).
Bref, ds ce bric-à-brac monumental, ersatz d’existence humaine, il y aura toujours une petite place pour vous car il n’est qu’une seule personne que le Greuil ne touche jamais: sa copine… .
A toi Greuil, fer de lance d’une jeunesse léthargique, apôtre d’un évangile inachevé, tribun d’une audience invisible, homme illustre d’un siècle qui l’a déjà oublié mais amis avant tout.

Prochain portrait: Clément « Tonky » Zemour.
Par Scotch
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Publié dans : Ces Hommes Illustres qui n'ont pas marqué leur Siè
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